Cérémonie de remise des prix du grand concours de poésie de la RATP 2025

Que retenir de cette 11ème édition, du grand concours de Poésies de la ratp, présidé par Alexis Michalik ?



Tout d'abord, ce fut un cru exceptionnel.
Un record de participation avec plus de 13 500 poèmes envoyés ( Le record de 2022 a été battu).

Ensuite, le choix, comment choisir ?
Comment sélectionner les meilleurs poèmes ? Sur quels critères ?

Cela fut le rôle du jury et de son président.
Cela suppose de pouvoir répondre à cette question :
Comment définir la poésie ? l'art poétique ?
Par sa forme, par son contenu , par l'image véhiculée ?

Pas facile de répondre !
Nicolas Boileau, Paul Verlaine et bien d'autres se sont interrogés sur le sujet.

Pour ma part, je retiendrais ces vers de Pierre Reverdy:

La poésie est dans ce qui n'est pas,
Dans ce qui nous manque.
Dans ce que nous voudrions qui fût.
Elle est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas,
De ce que nous voudrions être.
D'où nous voudrions être et où nous ne sommes pas.
Au contact du réel, la poésie s'évanouit comme un fantôme au grand jour.
Le réel est, par sa présence, tueur de poésie, par son abscence, source de poésie.
La poésie c'est le bouche-abîme du réel désiré qui manque.


Ainsi, la poésie est dans ce qui nous manque et elle est l'essentiel ...

Tous les types d'écritures étaient représentés à cette cérémonie, dont le thème était libre, avec comme seule contrainte de ne pas dépasser 14 lignes pour que le poème puisse être affiché, soit sur les quai, soit dans le métro: Alexandrins, textes en prose, lignes écrites à la volée, Haikus ...

Dans le magnifique théâtre de la Renaissance, 100 finalistes étaient conviés, ce 1er Juillet, à assister à la remise des prix, avec seulement, au final, 11 places: 10 lauréats et grands prix, et une spécificité de cette année, le grand prix voyageur, décerné par les internautes.



Mettre des visages sur les mots, entendre les auteurs/autrices parler de leur texte, quoi de plus émouvant.
Des poèmes écrits sur des thèmes très variés, d'une grande beauté, avec des styles très différents.



Bricolage, écrit par une artiste peintre, dont les mots sont couchés et sculptés, comme un acte de création physique.





Coucher de soleil écrit par Zoé, 11 ans, avec cette dernière phrase très marquante de son poème : j'ai dit au revoir à l'orage des gens





Bal Numérique écrit par Sophie, dans les transports en commun, en observant les passagers avec leur téléphone, et reproduisant le mouvement tremblant des doigts sur un smartphone.





Ce texte de Laurent, enseignant chercheur, qui joue avec les mots en rapport avec son métier de physicien, lui qui en était à son 11ème essai pour ce concours, le bon cette fois.

Le seul vainqueur masculin de ce millésime 2025.




On s'envoie des lettres, écrit par Emma, étudiante, qui a l'habitude d'écrire des chansons en anglais et dont on retrouve une musicalité dans son texte.





La violence décrite et vue par Valérie dans les transports, elle qui aime dénuder les mots pour n'en laisser que l'essentiel.





Le texte de Delphine, grand prix voyageur, dont l'essentiel est dit en quelques lignes.







Et que dire des grands prix ?

Le poème de Lucia, étudiante espagnole arrivée en France depuis moins d'un an et que sa professeur de français a aidé à traduire et mettre en mots.
Le thème de l'exil.





Ou celui de Rabia, sur son papi décédé, avec ces images et les parfums d'orient suggérés.
Le grand prix adolescent, de surcroit Vincennoise n'était pas présente car elle était conviée à la fête de son Lycée ce jour-là.
On retiendra sa magnifique et longue lettre, lue par le président du jury, invitant tout le monde à écrire, elle qui entrera en classe préparatoire l'année prochaine.






Une photo des lauréats :






Et pour Eva et Elsa, des cadeaux , des livres et une publication assez exceptionnelle, celle de leur poème dans un même ouvrage, une page à la suite de l'autre.

Pour Elsa, une deuxième publication depuis celle de 2019.




Les lots:










Vivement la prochaine édition ....